« J’ai le souvenir d’avoir entendu un petit éclat de voix dans la nuit »
« A priori, ça n’a pas de lien avec sa qualité de magistrate, mais plus avec celle de son concubin dans les cryptomonnaies », selon cette source. « Lui était absent et n’a donc pas été séquestré. »
« J’ai le souvenir d’avoir entendu un petit éclat de voix dans la nuit », a confié à l’AFP un voisin du couple, Alain Waché. Le matin, en partant au travail, il a vu des policiers devant leur maison. « D’abord j’ai pensé qu’il y avait peut-être eu un meurtre, et après je me suis dit qu’il n’y avait pas d’ambulance… »
« Je suis content de les avoir fait sortir vivantes ! »
Vendredi, peu après 8h, les deux femmes ont été découvertes légèrement blessées à une centaine de kilomètres du lieu de l’enlèvement, dans un garage au pied d’un immeuble de Bourg-lès-Valence.
« Un voisin a ouvert le box parce qu’il les a entendues taper du pied et les a trouvées ligotées », a précisé une autre source.
Ce grand-père qui allait conduire sa petite-fille à l’école a raconté à l’AFP avoir entendu un gros bruit : « elles tapaient, elles criaient, j’ai ouvert la porte et les femmes sont sorties ». « Je suis content de les avoir fait sortir vivantes ! », a-t-il ajouté, sous couvert d’anonymat.
« Sous le choc »
La mère et la fille se sont réfugiées dans un laboratoire d’analyse médicale située à proximité et ont été prises en charge par les secours. Elles souffrent d’hématomes et ont été conduites à l’hôpital. « Il n’y a pas de lésion grave a priori », a précisé l’une des sources proches du dossier.
Aucune interpellation n’a eu lieu à ce stade.
L’enquête est supervisée par la juridiction interrégionale spécialisée contre la criminalité organisée (Jirs) de Lyon. Le parquet de Lyon tiendra une conférence de presse à 16H30 vendredi mais refuse de donner des détails en attendant.
« On est un peu sous le choc », a commenté Marlène Mourier, maire LR de Bourg-lès-Valence, une commune de près de 20.000 habitants limitrophe de Valence. « Si c’est bien sur fond de cryptomonnaies », cela confirme que ces situations « touchent n’importe quelle ville », a-t-elle ajouté.
Fin août, un ressortissant suisse avait déjà été libéré près de la gare de Valence, dans un raid mené par le GIGN, unité d’élite de la gendarmerie, quatre jours après son enlèvement. Sept suspects, dont un mineur de 17 ans, ont ensuite été mis en examen et écroués.
Les enlèvements, parfois spectaculaires, contre demande de rançon ou vol de cryptomonnaies se sont multipliés en 2025, parallèlement à la popularité de ces actifs.
En janvier, un homme de 74 ans avait encore été enlevé à Voiron, en Isère, pour une demande de rançon en cryptomonnaie à son fils. Il avait été libéré et trois personnes, soupçonnées d’avoir participé à la séquestration, ont été mises en examen.


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